HISTOIRE

Histoire

Préhistoire, Antiquité

Les premières traces de vie sur le site de Collorgues sont animales. On peut en effet observer sur le territoire de la commune une dalle calcaire portant les empreintes de mammifères.

À la fin du néolithique et au chalcolithique, les collines de Collorgues sont un important site de production de silex. Plusieurs hypogées et statues-menhirs ont été découverts sur la colline du Mas Gaillard. Des zones d'extractions à ciel ouvert et zones de taille sont également présentes aux environs. L'exportation du silex de Collorgues est attestée de la Lozère jusqu'en Catalogne sur une période allant de 3300 à 2400 ans av. J-C45.

Il n'existe pas de traces actuellement connues d'une occupation de Collorgues au cours de l'antiquité. L'activité humaine dans cette zone est alors située plus au nord sur l'oppidum de Brueys (commune d' Aigaliers) et au pied de celui-ci au lieu-dit Les Claparèdes (commune de Baron) où furent mis au jour de nombreux vestiges gallo-romains, notamment une stèle funéraire plus tard déplacée à Collorgues.

Ancien Régime

En 1295, alors castrum féodal, Collorgues apparait sur un échange écrit entre le roi Philippe IV le Bel et Raymond V Gaucelme, seigneur de Lunel et en partie d'Uzès, par lequel ce dernier reçoit du roi la propriété du château et du fief de Collorgues6.

Collorgues sur la carte de Cassini.

Le village est connu en 1314 sous le nom d'Ecclesia de Colonicis, appartenant à la viguerie et au diocèse d'Uzès. En 1384, on y compte trois feux, selon un dénombrement de la sénéchaussée. Le village se nomme alors Colonicae.

Du XVe au XVIIe siècle, la seigneurie de Collorgues et son château appartiennent à la famille de Brueys. Le village subit fréquemment les frais des guerres de religion et son église est plusieurs fois incendiée et restaurée. Après les massacres de protestants ayant eu lieu dans la région le 7 juillet 1696, la famille de Brueys se disperse en Europe et les lieux changent de propriétaires. En 1726, la seigneurie devient propriété de Jean de Cabot, trésorier de France en la Généralité de Montpellier et intendant des gabelles de Languedoc7, puis de son fils Jean-Roch de Cabot, Grand voyer de France7. Avant la Révolution française, à une date encore indéterminée, le château devient possession de la famille de Bouzigues de Lacoste jusqu'au XIXe siècle où son dernier représentant, Jean-Alexandre de Lacoste, le cédera à la commune.


Politique et administration

Collorgues est membre de la communauté de communes du pays d'Uzès. La commune appartient au canton d'Uzès et à la sixième circonscription du Gard. Juridiquement, Collorgues relève du tribunal d'instance d'Uzès, du tribunal de grande instance de Nîmes, de la cour d'appel de Nîmes, du tribunal pour enfants de Nîmes, du conseil de prud'hommes de Nîmes, du tribunal de commerce de Nîmes, du tribunal administratif de Nîmes et de la cour administrative d'appel de Marseille8.

Liste des maires

Liste des maires successifs

Période Identité Étiquette Qualité Les données manquantes sont à compléter. Clément Ravaux Premier président du Sivom de Collorgues

2005 - Maurice Dumas DVG

2005 2014  - Michel Feret

2014 2015 - Jean-Marc Marchal EELV

2015 2017  - André Brunel PS Retraité Fonction publique

2017 en cours  - Thierry Clemente Sans étiquette.


Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation9. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 200810.

En 2014, la commune comptait 568 habitants Note 2, en augmentation de 4,99 % par rapport à 2009 (Gard : +4,86 %).

Évolution de la population

1793     1800     1806    1821      1831     1836     1841      1846     1851

333       329      340      350    349       356       341       368      390

1856     1861     1866     1872     1876     1881    1886     1891    1896

419        371       370      368       357      372     310       310      274

1901      1906     1911      1921     1926      1931    1936     1946    1954

264      291         284      265     252       237     234      215      205

1962     1968     1975     1982     1990    1999    2006     2007    2008

204       196         196       210      309     359       490       509      528

2013      2014

550        568

(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 199911 puis Insee à partir de 200612.) Histogramme de l'évolution démographique


Manifestations culturelles et festivités

Un marché nocturne annuel est organisé par l'office de tourisme d'Uzès dans les villages de la communauté de communes du pays d'Uzès.

Secteurs d'activités

Le secteur primaire est représenté par la culture de la vigne, du tournesol, de l'olivier ainsi que diverses plantes céréalières et fourragères. Des éleveurs, principalement ovins et caprins sont également présents. Des entreprises consacrées aux matériels agricoles, au bâtiment-travaux publics et à la transformation des matières premières issues de l'agriculture (moulin à huile d'olive, cave vinicole) constituent le secteur secondaire. Le secteur tertiaire de Collorgues regroupe quant à lui des entreprises de services aux particuliers, des professions libérales ainsi que les services administratifs de la commune17,18.

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

Lieux et monuments historiques

La commune compte un ensemble de deux statues-menhirs classé à l'inventaire des monuments historiques depuis le 9 mai 192719.

Cet ensemble a été découvert lors de la fouille de l'hypogée de Teste 1. La première se trouvait parmi les dalles de couverture de la tombe alors que la seconde fut trouvée au milieu des dalles de soutènement de la galerie à silex partant de la chambre. Les visages et bras sont bien représentés ainsi que des ébauches de seins et ce qui est interprété comme des crosses ou des faucilles4,5,20. Ces statues sont désormais conservées au musée de Lodève.

Patrimoine culturel

Hypogées de Collorgues : La première (Hypogée de Teste 1), mise à jour en 1879, est un puits d'accès à des galeries d'exploitation de silex qui fut ensuite réemployé en sépulture collective. Elle a livré six squelettes, plusieurs poignards en silex ainsi que deux statues-menhirs. Par la suite, plusieurs autres réseaux de galeries furent découverts, en particulier l'hypogée de Teste 2 s'étendant sur plusieurs dizaines de mètres et dans laquelle fut trouvée une dalle anthropomorphe45. Les trouvailles faites pendant les fouilles sont désormais exposées dans plusieurs musées de la région, notamment le musée archéologique de Nîmes où est également visible une maquette de Teste 1. Les hypogées, quant à elles, sont perdues dans la végétation et peu accessibles.

  • Stèle funéraire romaine : vraisemblablement originaire de la commune voisine de Baron où plusieurs tombes antiques ont été fouillées au lieu-dit Les Claparèdes, ce monument d'environ 130 centimètres sur 75 a été réemployé comme élément de maçonnerie et se trouve désormais encastré dans l'angle d'une maison face au château de Collorgues. On peut y lire "D(is) M(anibus) - Mariae - Q(uinti) Fil(iae) - Quintiae - v(iva) f(ecit)" traduit par "Aux dieux Mânes de Maria Quintia, fille de Quintius, elle a fait élever (ce monument) de son vivant". Plusieurs stèles funéraires découvertes sur les communes de Baron et d'Aigaliers font référence à Quintius et sa fille Maria Quintia25. Encastrée dans une propriété privée et non inscrite aux monuments historiques, la stèle est aujourd'hui très abîmée et les inscriptions à peine visibles.

  • Empreintes préhistoriques : en bordure du chemin du Bos, une dalle calcaire porte les traces de mammifères de l'époque éocène : hyaenodon, anoplotherium et palaeotherium.
  • Dalle à empreintes

  • Une empreinte

  • Un autre type d'empreinte

  • Télécharger le Bulletin de la Société préhistorique française. Études et travaux en PDF

    Personnalités liées à la commune

    • Claude Mazauric (1932), historien. Sa famille est originaire de Collorgues : son père et ses oncles furent parmi les quarante-trois hommes du village appelés à combattre lors de la Première Guerre mondiale26.
    • Michel Hermet (1953), dirigeant d'entreprise, sommelier et viticulteur. Il est propriétaire de la cave de Collorgues.
    • Pierre Plihon (1989), archer spécialiste de l'arc classique, a vécu à Collorgues où sa famille gère une ferme équestre.

    Héraldique

    Blason D'azur au pal losangé d'argent et d'azur27. Détails Comme de nombreuses communes gardoises, le blason de Collorgues comporte une partition losangée. Cette similitude s'explique par la mise en place de l'Armorial Général de France établi par Charles d'Hozier à la demande de Louis XIV à partir de 1696 et ce dans le but de percevoir une taxe sur les blasons. Un certain nombre de villages se sont donc vu attribuer un blason basique dont les partitions, émaux et meubles ne reflètent en rien l'histoire de la commune.
    Le statut officiel du blason reste à déterminer.

    Autres lieux et monuments

    Édifices civils

    Après avoir connu de nombreux propriétaires entre le XIIIe et le XIXe siècle, le château devient bien communal en 1865. Jean-Alexandre de Bouzigues de Lacoste (1800-1858), dernier descendant des seigneurs de Collorgues, ancien propriétaire du château, légua ses bien à la commune à sa mort. En 2016, le château accueille la mairie, la bibliothèque municipale et le foyer communal. De 1866 à 2003, l'école s'y trouvait également, ainsi qu'une maison de santé toutes deux financées par une partie de l'héritage de Jean-Alexandre Lacoste. Le château était équipé d'un donjon détruit vers 1864 pour permettre l'aménagement de la Grand Rue21.

    Outre les lavoirs construits entre 1886 et 190322, la commune compte une ancienne cave coopérative, transformée en chais de vieillissement et salle de réception.

    • Façade du château

    • Lavoir de la Rouveyrole, également appelé lavoir de la Cottin

    • Lavoir de la violette

    • Ancienne cave coopérative

    Édifices religieux

    Le temple protestant était à l'origine l'église catholique attestée dès 1470, dédiée à Saint-André et unie au monastère de Saint-Nicolas-de-Campagnac3. Elle fut plusieurs fois incendiée lors des guerres de religion et à chaque fois restaurée, notamment en 1858 grâce aux fonds légués par Jean-Alexandre Lacoste23. Le cimetière catholique comprend une chapelle édifiée en 188624.

    • Façade du temple

    • Chapelle du cimetière catholique

    Photos anciennes